TEASER FRANCOIS HOLLANDE

Le 10 juin, François Hollande est l’invité de "Dimanche en politique", le magazine politique de France 3. Il est interrogé par Francis Letellier, avec à ses côtés Cécile Cornudet, éditorialiste aux Echos.

HOLLANDE LES LECONS DU POUVOIR

Sommaire

L’ancien président de la République, qui sillonne la France pour la signature de son ouvrage Les Leçons du pouvoir, a présenté son "inventaire" du quinquennat.

Faut-il y voir le seul désir de défendre son action ou les prémices d’un retour au premier plan ?

Que pense-t-il de la politique de son successeur sur le plan diplomatique et social ?

 

Un an après avoir quitté la présidence de la République, François Hollande continue de s'exprimer sur les sujets qui font l'actualité politique du pays.

HOLLANDE MEDIA DIXIT WORLD

"Donald Trump est en train de démolir l'Europe"

Le sommet du G7 au Canada s'est achevé sans le soutien des Etats-Unis au communiqué final. François Hollande a déploré l'attitude de Donald Trump : "Il ne respecte rien, Donald Trump. Ni les formes, ni les accords, pas davantage sa parole. Il met gravement en cause le G7. Il le fait à un moment où la Russie, la Chine et l'Iran se réunissent ensemble et font en sorte d'établir une déclaration finale. C'est un affaiblissement considérable pour les sociétés démocratiques, pour l'Occident, qui a des conséquences économiques. Parce que le protectionnisme de Trump aura également des effets", déplore François Hollande.

Trump "ne respecte rien", l'Europe doit "tenir bon", estime Hollande

Paris, 10 juin 2018 - AFP

François Hollande a estimé dimanche que Donald Trump ne respecte rien, "ni les formes, ni les accords, pas davantage sa parole", et a souhaité "que l'Europe tienne bon", après le retrait surprise du soutien du président américain au communiqué du G7.

Interrogé dans "Dimanche en politique" sur France 3 sur ce "coup dur pour le G7", l'ex-président français a estimé que "ça peut même être un coup fatal, car à quoi ça sert de passer 24 heures, même davantage pour les conseillers, pour écrire un communiqué final puis le balayer en partant même avant la fin d'un sommet de cette importance, lorsque le monde attend plutôt des apaisements, et là il y a des ruptures".

"Plus grave" selon François Hollande, Donald Trump "ne respecte rien, ni les formes, ni les accords, pas davantage sa parole".

"Il met gravement en cause une institution, le G7", à un moment où Chine, Russie et Iran "se réunissent ensemble et font en sorte d'établir une déclaration finale", a noté M. Hollande. "Donc c'est un affaiblissement considérable pour les sociétés démocratiques", et cela "a des conséquences économiques car le protectionnisme de Trump aura également des effets".

Pour François Hollande, "il y a guerre commerciale" car après les menaces du président américain de tarifs douaniers sur les importations d'automobiles aux Etats-Unis, qui font suite aux taxes sur l'acier, "on voit bien qu'il va y avoir un déchaînement de sanctions, de réponses et donc de barrières tarifaires", et "la croissance mondiale peut être affectée".

"Donald Trump est aussi en train de déstabiliser l'Europe" et "même sur la question européenne, comme sur celle de l'Otan et des alliances, il est prêt à utiliser certains chefs de gouvernement européens pour créer la division", a estimé M. Hollande, citant la Pologne et l'Autriche.

"Il est extrêmement grave par exemple qu'il ait proposé qu'au G7 revienne la Russie. Sa volonté c'est de détruire, pas de construire"

Face à tout cela, "c'est l'unité le bon comportement, l'unité avec les Européens", a jugé M. Hollande: que "la France et l'Allemagne, en l'occurrence le Royaume-Uni, l'Italie, l'Espagne puissent tenir bon".

Donald Trump s'est désolidarisé à la surprise générale samedi soir du communiqué final négocié de haute lutte au sommet du G7 au Canada, qualifiant l'hôte, Justin Trudeau, de "très malhonnête et faible" pour avoir jugé les tarifs américains "insultants".

Il a dans le même temps renouvelé sa menace de droits de douanes accrus sur les voitures européennes et étrangères importées aux Etats-Unis.

TRUMP G7 HOLLANDE MEDIA DIXIT WORLD

Affaires : "Il faudrait des règles plus précises"

François Hollande estime que concernant l’affaire Kohler, "la seule question est de savoir s'il a utilisé des informations ou est entré en contact avec des personnes" et il précise : "Je l'ai connu comme directeur de cabinet d'Emmanuel Macron et je l'ai vu aussi dans l'équipe de MSC. Je l'avais relevé. "

ALEXIS KOHLER HOLLANDE MEDIA DIXIT WORLD

Puis il commente les soupçons de ristournes qui auraient été accordées lors de la campagne d’Emmanuel Macron. Pour lui, il faudrait "des règles plus précises pour les campagnes électorales à l'avenir" afin d’"éviter qu'il y ait ces soupçons" mais "on a fait énormément de progrès, avant les dépenses explosaient, les financements étaient occultes".

Comptes de campagne: Hollande pour "améliorer les moyens" de la commission

Paris, 10 juin 2018 - AFP

François Hollande a estimé dimanche qu'il fallait "améliorerles moyens" de la Commission nationale des comptes de campagne (CNCCFP), notammenten adoptant "des règles plus précises", afin que les candidats puissent être "insoupçonnables".

"Il faut encore améliorer les moyens de la commission chargée de contrôler lesdépenses de campagne, par des moyens supplémentaires, des effectifs et aussi desrègles plus précises", a estimé l'ancien chef de l'Etat lors de Dimanche en politiquesur France 3.

Cette commission "n'a pas forcément les ressources pour investiguer" alors qu'"ilfaut que les candidats puissent être insoupçonnables", a-t-il ajouté.

Avec les accusations portées contre les ristournes obtenues par le candidat EmmanuelMacron, "la question qui nous est posée aujourd'hui" est selon lui: "est-ce qu'uneristourne, qui peut être commerciale, que l'on peut comprendre, n'est pas en fait,si elle est plus ample, un avantage qui est donné, un don indirect ?".

Interrogé sur un possible parallèle avec l'affaire des comptes de campagne deNicolas Sarkozy, M. Hollande a remarqué que ce dernier "avaitexplosé ses dépenses de campagne, c'est tout à fait autre chose".

Les comptes de la campagne présidentielle d'Emmanuel Macron ont été validés parla CNCCFP mais plusieurs médias, dont Mediapart, Le Monde et franceinfo, ont publiédes enquêtes affirmant que cette campagne avait bénéficié de "prix cassés" et de"ristournes cachées" de la part de prestataires. Emmanuel Macron a répondu jeudiqu'"il y a en France des commissions compétentes et un juge qui ont déjà jugé lescomptes de campagne".

Interrogé par ailleurs sur les soupçons de conflit d'intérêt à l'encontre du brasdroit d'Emmanuel Macron, Alexis Kohler, M. Hollande a ditl'avoir connu comme directeur de cabinet de M. Macron, alors ministre de l'Economie,n'avoir "pas plus de liens avec lui", et l'avoir "vu aussi dans l'équipe de MSC".

"Je l'avais simplement relevé, c'est tout", a-t-il dit.

L'ancien chef de l'Etat a noté qu'"il y a des possibilités pour les hauts fonctionnairesde sortir dans le secteur privé, y compris un groupe où il a des intérêts familiaux".

"La seule question c'est de savoir s'il a pu utiliser des informations ou entreren contact avec des personnes alors même qu'il n'était plus en responsabilités",et "là je ne peux pas vous fournir la moindre réponse", c'est "uniquement à lajustice de le dire", a conclu François Hollande.

MACRON CAMPAGNE MEDIA DIXIT WORLD

"Le PS, il faut qu'il se reconstruise"

Certains socialistes estiment que la présence de François Hollande les étouffe et empêche le parti de se reconstruire. "Le peuple socialiste, le peuple de gauche, les Français qui sont attachés à la démocratie sont plutôt heureux que je puisse leur redonner une vision, un espoir, une explication. Quant au PS, il faut qu'il se reconstruise. On a connu ça à d'autres époques. Qu'il fasse son travail, et il le fait, Olivier Faure", commente l'ancien président de la République.

Hollande assure qu'il n'aspire ni à diriger le PS, ni à participer à des primaires

Paris, 10 juin 2018 - AFP

François Hollande a estimé dimanche que les Français socialistes sont "plutôt heureux" qu'il leur donne "une vision" et "une explication", en assurant qu'il n'aspirait pas à diriger de nouveau le Parti socialiste ni à participer à des primaires.

Interrogé dans Dimanche en politique, sur France 3, sur les critiques de responsables socialistes autour de son omniprésence médiatique, qui ferait de l'ombre au parti selon eux, il a estimé que "très peu le disent" dans les rangs du "peuple socialiste", de "tous ceux qu'(il) voi(t) à l'occasion des séances de signatures" de son livre "Les leçons du pouvoir".

"Le peuple socialiste, le peuple de gauche, ceux qui sont attachés à la démocratie, sont plutôt heureux que je puisse leur redonner une vision, un espoir, une explication", a-t-il estimé.

Quant au PS, "il faut qu'il se reconstruise (...), qu'il fasse son travail, et Olivier Faure le fait, pour répondre aux propositions du gouvernement, pour dire aussi à Mélenchon qu'il n'est pas acceptable de convoquer les Français dans les manifestations qui sont autant d'échecs pour ensuite faire compliment au pouvoir actuel. Il faut de l'union, pas de la désunion, parler de la social-démocratie en Europe. Il y a suffisamment de thèmes pour qu'on s'en empare", a-t-il plaidé.

Face à un parallèle dressé avec Nicolas Sarkozy qui avait écrit un livre "pour revenir" avant de prendre la tête de son parti et de participer aux primaires pour l'élection présidentielle, François Hollande a souligné qu'il n'avait "pas le même parcours". "Je n'ai pas cette volonté de devenir dirigeant du parti que j'ai conduit il y a très longtemps, ni de me présenter à des primaires.

Cet élément-là ne fait pas partie de mon calendrier", a-t-il assuré.

PS OLIVIER FAURE HOLLANDE MEDIA DIXIT WORLD

Présidence Macron : un "rapport lointain aux Français" ?

François Hollande oppose sa présidence "humaine" au "rapport lointain aux Français" d’Emmanuel Macron. Il assure aussi que "ce n'est pas à cause des Français" qu’il ne s’est pas présenté aux présidentielles de 2017 mais "à cause de la situation à gauche et de la déclaration de candidature d'Emmanuel Macron".

Il commente ainsi l’action du président Macron : "des économistes d'Emmanuel Macron disent qu'il y a un déséquilibre fragrant entre ce qui est accordé aux riches ou aux entreprises et ce qui est repris aux consommateurs. Il y a des valeurs qui reprennent presque parfois un sens de la tradition [...] et cela ça m'a étonné."

MACRON HOLLANDE MEDIA DIXIT WORLD

"Si une réforme, c'est simplément faire des économies... non !

Pour François Hollande "il faut être le plus efficace et juste possible" concernant les aides sociales. Mais "la prime d'activité [qu'il a créée], qui a formidablement bien répondu à la demande, si on y touche, c'est contraire à la lutte de ce qu'on appelait l'assistanat".

François Hollande critique aussi la réforme de l'audiovisuel public : "Faut-il des réformes, encore des réformes, tout le temps des réformes ? Si une réforme, c'est simplement faire des économies, fermer une chaîne, réduire des postes ou fusionner des rédactions, non ! Moi, je crois en le service public, il a sa place", ajoute-t-il.

François Hollande avance deux propositions de réforme : "un compte personnel d'activité pour que chacun ait des droits personnels et que chaque jeune et chaque enfant [ait] une dotation de départ, un patrimoine de base".

 

REFORME SERVICE PUBLIC HOLLANDE MEDIA DIXIT WORLD

 DIMPOL LOGOA la fin du magazine, l'invité (e-s) politique expose son avis sur "un bruit qui court..." : Croyez-vous à une qualification de la France en finale ?  A voir ci-dessous.

BRUIT QUII COURT EQUIPE DE FRANCE HOLLANDE

Coupe du monde : "On ne peut pas utiliser le football à des fins politiques"

François Hollande a confiance en l’équipe de France : "Je pense qu'individuellement, il y a de très grands joueurs. Il faut un esprit collectif et un meneur. Je pense qu'il est là et il va se révéler."

Et selon lui, une victoire à la Coupe du monde "c'est ce qui peut arriver de mieux à un pays pendant un certain temps, pendant quelques semaines, car c'est un facteur de cohésion. Ça a rendu monsieur Chirac sympathique. Mais je crois qu'on ne peut pas utiliser le football à des fins politiques".

REPLAY DU MAGAZINE ICI

EQUIPE DIMANCHE EN POLITIQUE