TEASER FREDERIQUE VIDAL

Le 7 janvier 2018, Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, est l’invitée de "Dimanche en politique", le magazine politique de France 3. Elle est interrogée par Francis Letellier, avec à ses côtés Renaud Dély, directeur de la rédaction de Marianne.

Des vœux pour l’avenir, les jeunes vont continuer à en faire 12 et non plus 24. Ils devront se soumettre à des "attendus" pour être acceptés dans l’université de leur choix. 2018, année du changement, est expliquée par celle qui a porté la loi "orientation et réussite".

Au sommaire

- La vie après le bac va-t-elle vraiment changer pour les étudiants ?

- Quelle sélection pour entrer à l’université ?

- 2018, année de l’intelligence artificielle, va-t-elle détruire ou créer de l’emploi ?

LETELLIER FREDERIQUE VIDAL MEDIA DIXIT WORLD

Rétropédalage en règle pour Frédérique Vidal. Invitée dimanche 7 janvier de l'émission "Dimanche en politique" sur France 3, la ministre de l'Enseignement supérieur a estimé que les convictions religieuses devaient rester "uniquement" dans "la sphère privée", avant de rectifier le tir face aux critiques sur les réseaux sociaux.

Frédérique Vidal avait été appelée à réagir à l'expression "radicalisation de la laïcité". Ces mots avaient été, selon des représentants des cultes reçus à l'Elysée en décembre, utilisés à cette occasion par Emmanuel Macron pour alerter sur les risques d'une conception intolérante de la laïcité.

"La laïcité", a-t-elle développé, "c'est la liberté de conscience, et c'est mettre dans la sphère privée - et uniquement la sphère privée - les convictions philosophiques, religieuses, etc., des individus pour garantir que ces convictions, ils puissent continuer à les avoir. Mais elles n'ont pas à rentrer dans la sphère publique, voilà".

Une sortie "loin de la loi de 1905"

Dans l'après-midi, la ministre est en effet revenue sur ses propos dans un tweet. "Ayons des échanges sereins sur ces questions", a-t-elle écrit. "La laïcité, c'est la liberté de croire ou de ne pas croire et de l'exprimer dans le respect de l'ordre public".

TWEET FREDERIQUE VIDALCe propos en faveur d'une limitation de l'expression des convictions religieuses à la sphère privée avait suscité nombre de réactions sur les réseaux sociaux. Le président du Conseil national des évangéliques de France (Cnef), Etienne Lhermenault, ou encore l'abbé blogueur Pierre-Hervé Grosjean avaient déploré une opinion "loin de l'esprit de la loi de 1905 et de la conception de la laïcité que développe le président de la République".

TWEETS A VIDAL MINISTRE

A l'université, des cours de remise à niveau pour certains

Pour Frédérique Vidal, "il est important d'avoir l'avis de ceux qui connaissent les élèves. L'université va dire 'oui' dans tous les cas, mais elle adaptera les parcours. Par contre, à l'intérieur des enseignements, certains points nécessiteront une mise à niveau pour certains étudiants. Ces remises à niveau auront lieu en marge des cours choisis, en aucun cas il ne s'agira d'une année blanche ou d'une année perdue pour les étudiants", conclut-elle.

La ministre a par ailleurs commenté la visite, le 5 janvier, du président turc Erdogan en France, en rappelant la répression qui s'abat sur certains universitaires turcs. "J'ai souhaité développer le programme d'accueil envers les universitaires étrangers, dont la moitié sont turcs."

FAKE NEWS VIDAL MEDIA DIXIT WORLD

Apprendre aux étudiants à identifier les sources d’information

A l'occasion de ses vœux à la presse, Emmanuel Macron a proposé l’élaboration d’une loi contre les "fake news" au moment des campagnes électorales. L'Etat entendrait-il faire le tri entre les "bonnes" et les "mauvaises" informations ?

Frédérique Vidal insiste, dans le domaine de l’information, sur le rôle de l'université pour la formation des esprits. "Les universitaires doivent s'emparer de cette problématique. Je me souviens lorsque j'enseignais, nous étions au début du clonage de la brebis Dolly. Lorsque je demandais à mes étudiants si le clonage humain était possible, plus de la moitié répondaient par l'affirmative. En fait, ils avaient trouvé cette fausse information sur le site des "raéliens". A l'université, on doit apprendre à identifier l'information et les sources."

Le réchauffement climatique au centre de la recherche

"Dimanche en politique" revient ensuite sur la tempête Eleanor, qui a frappé la France début janvier 2018 avec un bilan humain et un coût financier importants. Le dérèglement climatique est de plus en plus souvent pointé du doigt comme responsable de ce type de phénomène.

Pour attirer en France des chercheurs du monde entier spécialisés dans la lutte contre le réchauffement climatique, le président Macron avait lancé un appel en juin 2017. Cela avait provoqué la colère de certains scientifiques français, qui estimaient que les budgets nationaux étaient déjà insuffisants. La ministre en charge de la Recherche a néanmoins confirmé le succès de l'opération, avec 255 dossiers de candidature ; une vingtaine ont d’ores et déjà été sélectionnés pour une première vague, et les chercheurs s'installent dans les laboratoires universitaires à Paris et en région.

VOILE A L'UNIVERSITE MEDIA DIXIT WORLD

Laïcité : "Pas besoin d'interdire le voile à l'université"

Interrogée sur le port du voile à l'université, la ministre a été très claire : "Je suis profondément attachée à la loi de 1905. Pas besoin d'interdire le voile à l'université. On y vient pour se former, pas pour faire du prosélytisme, c'est tout." En revanche, à l'occasion d'une question sur la laïcité, Frédérique Vidal a estimé que les convictions religieuses devaient rester "uniquement" dans "la sphère privée". 

Que pense-t-elle de l'expression "radicalisation de la laïcité" utilisée par Emmanuel Macron en décembre 2017 devant les représentants des cultes pour insister sur les risques d'une conception intolérante de la laïcité ? "Lorsqu'on utilise la laïcité pour poser le débat de l'islam, c'est une erreur", estime Frédérique Vidal, en accord avec le chef de l'Etat.

"La laïcité, c'est la liberté de conscience et c'est mettre dans la sphère privée les convictions philosophiques, religieuses des individus pour garantir qu'ils puissent continuer à les avoir. Elles n'ont pas à rentrer dans la sphère publique."  Ces propos ont suscité beaucoup de réactions sur les réseaux sociaux, et elle a cherché à les rectifier par un tweet plus tard dans la journée : "La laïcité c'est la liberté de croire ou de ne pas croire et de l'exprimer dans le respect de l'ordre public."

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A la fin du magazine, l'invité (e-s) politique expose son avis sur "un bruit qui court..." : Gallimard qui projette de rééditer des textes pro-nazis de Louis-Ferdinand Céline...

Louis-Ferdinand Céline

LOUIS FERDINAND CELINE

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